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 Western,quand la légende tient lieu de la réalité...

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cowboys_2
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Nombre de messages : 157
Date d'inscription : 16/12/2005

MessageSujet: Western,quand la légende tient lieu de la réalité...   Mar 20 Déc - 14:26

Western, quand la légende tient lieu de la réalité...

Faire une histoire du western revient presque à faire une histoire du cinéma américain, tant le genre semble se confondre avec le pays et ses origines, réelles ou revues par un discours qui les reconstruit en mythe, rejoue la “naissance d’une nation”. Le western est “un film qui a pour cadre l'Ouest américain à l'époque des pionniers”, définition qui n’est en rien restrictive, de nombreux film se déroulant dans d’autres lieux, comme le Mexique, ou à d’autres époques sans que cela pose réellement de problèmes de dénomination. L’importance du cadre, du paysage et des personnages qu’il induit y est fondamentale. C’est un lieu à la fois immense, désertique, presque abstrait, un univers de commencement du monde, de pureté et de mort. Un univers, donc, où peut se révéler l’essentiel, le rapport de l’homme au monde (que la perspective soit, ou pas, religieuse), et s’incarner une dimension tragique, une interrogation métaphysique... Et pourtant, le western est avant tout un genre populaire...
Avant d’être une terre cultivée et fertile, l’Ouest est épreuve, danger, souffrance, qui amène au dépassement de soi, traversée du désert (éminemment biblique) où, tout comme dans la Bible, des hommes se constituent en nation. D’où peut-être, la fascination qu’exerce le western ailleurs qu’aux Etats-Unis, comme si ce rapport au mythe fondateur avait un écho plus large et plus universel...

Indiens et cows-boys
Le fait que cette terre à conquérir ne soit pas totalement vierge et compte, déjà, des habitants n'apparaît finalement que de manière très annexe au cinéma. Ces Indiens, premiers habitants, sont parfois réduits à n'être qu'un simple obstacle supplémentaire, au même titre que les éléments hostiles contre lesquels il faut lutter... Leur prendre, pour la cultiver, une terre dont ils ne font rien ne paraît pas, loin s'en faut, illégitime. Le rapport entre la nation en devenir, faite d'immigrants de diverses origines, et des Indiens est toujours envisagé du même point de vue, celui des Blancs, même si le discours est loin d'être monolithique...

Pourtant, si cow-boys et Indiens s'affrontent toujours dans les cours de récréation, leur opposition au cinéma n'est finalement pas aussi étendue, l'écrasante majorité des westerns reposant sur d'autres thèmes, d'abord diffusés dans des livres, romans populaires et mélodrames : les pionniers et leurs glorieuses caravanes, la dure conquête de la terre et l’installation dans de nouveaux territoires, l'épopée du chemin de fer... A côté du groupe, se forge la figure du héros, l’homme de l’Ouest, au passé mal défini et à l’avenir aussi incertain que vaste, comme les plaines immenses qui définissent son horizon. Des valeurs se constituent (intégrité morale, importance du collectif, justice, liberté...), que l'on doit immédiatement défendre par les armes. Les relations entres les groupes de personnes et d'intérêts sont en effet très violentes dans l'Ouest où s'affrontent petits paysans et gros propriétaires, fermiers et éleveurs, hors-la-loi et shérifs, avocats, juges et adeptes du lynchage...

L'âge d'or
Né avec le cinéma, le genre atteint son apogée populaire et critique de la fin des années 40 au début des années 60. C'est l'époque des films d'Anthony Man, Winchester 73 (1950), Je suis un aventurier (1954) ou L'Homme de l'Ouest (1958) ; de Raoul Walsh, Colorado Territory (1949), La charge de la 8e brigade (A Distant Trumpet, 1964) ; de Howard Hawks, La Rivière rouge (1948), La Captive aux yeux clairs (1952), Rio Bravo (1959) ; de Samuel Fuller, Le Jugement des flèches (1956) ou Quarante Tueurs (1957) ; de John Huston, Le Vent de la plaine (1960) ; et bien sûr de John Ford La Charge héroïque (1949), La Prisonnière du désert (1956), ou L'homme qui tua Liberty Valance (1962), notamment.
Comme dans les années 30-40 avec la vogue des westerns chantants (Gene Autry, Roy Rogers), le genre évolue en fonction des modes ou des idéologies. Il se réduit parfois à un simple cadre, un décor, voire un prétexte. Il peut être historique (Sur la piste des Mohawks, John Ford, 1939), psychologique ou psychanalytique (La Vallée de la peur, Raoul Walsh, 1947), policier (L'Ange des maudits, Fritz Lang, 1952), comique (Femme ou Démon, George Marshall, 1939), burlesque (Go West, Edard Buzzell, 1940, avec les Marx Brothers), de guerre, antiraciste (Le Sergent noir, John Ford, 1960), écolo (Jeremiah Johnson, Sydney Pollack, 1972).

Durant les contestataires années 60, le western est quelque peu délaissé et c'est l’Italie qui redonne un nouveau souffle à ce genre quasiment moribond. Plus ironique, drôle et décalé, fondé sur un univers aux lignes épurées (celui de Sergio Leone essentiellement), une esthétique qui souligne davantage les “gueules”, la violence brute, les actes intéressés, que l’épopée glorieuse de la conquête, le d'abord méprisé western-spaghetti remporte un immense succès qui permet au genre de rebondir... aux Etats-Unis. Là aussi, les héros reviennent à des dimensions humaines, parfois peu glorieuses. Fatigués, vieillis, ce qui renforce une nostalge indossociable du genre, ils sont également cupides et violents (comme dans les films de Sam Peckinpah ou Robert Aldrich)... Le mythe des origines est revisité avec un regard critique et politique des plus salutaires (on peut souligner la force et la portée du magnifque Portes du paradis, de Michael Cimino, 1980).
Reste Clint Eastwood qui, inlassablement, poursuit une très belle oeuvre, continuant avec une certaine constance à réaliser des films qui, de Josey Wales hors-la-loi (1976) à Impitoyable (1992), sont empreints d'une réelle vigueur et d'une superbe nostalgie.
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